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Comment manager d'anciens collègues


chone

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salam,

 

" Comment manager d'anciens collègues "

L'art de les neutraliser avec Elisabeth Rochefort, coach-consultante .

 

Vous venez d'être promu chef et devez gérer plusieurs ex-camarades de bureau.

Problème: certains se révèlent de vraies teignes, sous prétexte d'un passé commun.

 

Sorti du rang, le manager qui va gérer ses anciens collègues de bureau, doit réaliser qu'il a déjà une histoire avec eux. Il existe un passé, parfois un passif, qui peut se muer en ressentiment ou en frustration. D'égaux, les intéressés passent au statut de subordonnés et la résistance au changement en est plus forte.

 

Lors de la prise de poste, rencontrer chacun en face à face 20 à 30 minutes, reste la règle d'or. Mais ça ne suffit pas toujours à déjouer les pièges affectifs et les familiarités. Conseils pour rester soi-même.

 

1. Le râleur: "C'était mieux avant, avec... !"

 

Il critique tout, tout le temps. Aucune de vos décisions ne lui convient. "Ça ne tient pas la route !", "On n'en a pas besoin", "Pourquoi as-tu modifié la procédure ?". Il ne vous appréciait déjà pas comme collègue, il vous rejette comme chef. Il avait pris ses marques avec le manager précédent, c'était confortable. Avec vous, il faut recommencer, et ça devient compliqué.

 

Votre réaction:

 

 • bannir : se braquer, ou se justifier. Dans le jeu des "pourquoi", qui cherchent à vous accuser, vous allez vous enliser avec une kyrielle de "parce que".

 

• faire : affirmez sobrement. "Je ne suis pas Bruno (Marie), je suis moi. Et j'ai décidé de changer la procédure, parce qu'elle est plus rapide." Rien de plus. Anticipez aussi les remarques, "si tu as des suggestions, n'hésite pas.". Et s'il persiste dans le négatif, appuyez-vous sur le groupe : excédé, il le canalisera.

 

2. Le jaloux: "On m'a proposé le poste, je n'en ai pas voulu !"

 

Il s'inscrit dans la comparaison, et vous place d'emblée comme un 2ème choix, puisqu'on avait soi-disant pensé à lui d'abord. Visant à vous disqualifier, il en rajoute dès qu'il le peut, "Je suis capable d'aller deux fois plus vite que toi". Pire, il insinue : "Quand tu n'es pas là, ça se passe mieux", "Je ne veux pas m'en mêler, mais si j'étais manager, il y a longtemps que..."

 

Votre réaction:

 

• bannir : accréditer ses reproches implicites avec un "mets-toi à ma place". Justement, il aimerait bien. Le prendre en grippe : cela se voit, et criant à l'injustice, il risque de fédérer l'équipe autour de lui, contre vous.

 

• faire : levez la manipulation. "Quand tu me dis ça, j'ai l'impression que tu m'adresses un message, quel est-il ?", "J'ai le sentiment que tu cherches à me déstabiliser, c'est ça que tu veux ?". Ou coupez court : "OK, où en es-tu de ton boulot ?".

 

3. Le faux-cul: "Tu sais que tu peux compter sur moi"

 

Il flatte, et joue sur la corde sensible des liens déjà tissés, pour vous assurer de son soutien: "Tu te rappelles quand ... ?" Et obtenir des avantages : "Tu le sais, j'ai besoin de partir en vacances à telle date". Et il trouve tout bien. Pour être dans vos petits papiers, il vous rapporte tout ce qui se passe. Radio-moquette dans votre bureau, c'est lui. "Hier, Luc a dit du mal de toi, moi, j'ai rétorqué que...". "Ça chauffe entre Zoé et Cyril".

 

Votre réaction:

 

• bannir : accepter ses flatteries, qui vous aveugleront. Se servir de lui pour récupérer des informations, mais ce sera du donnant-donnant.

 • faire : remettez-le à sa place, montrant votre lucidité. "Tu n'en fais pas un peu trop, là ?". Plus soft : "Mon objectif, c'est ça. Tu penses que c'est bien, j'en suis ravi !". Et refusez d'écouter les rumeurs.

 

4. L'affectif: "Alors, tu me racontes ?"

 

Vous êtes des amis de boulot, alors il souhaite préserver vos rituels (déjeuners, sorties...), vos échanges complices, votre entraide mutuelle. Il rentre souvent dans votre bureau, quêtant la connivence, l'accès aux secrets. Il essaie de capter votre attention en tout lieu, craignant de vous perdre. A l'extrême, il fera du chantage affectif pour savoir ce qui se passe. "Après tout ce qu'on a vécu ensemble, tu peux bien..."

 

Votre réaction:

 

• bannir : le prendre pour confident et céder au sentimentalisme. A l'inverse, passer du "tu" au "vous" est trop excessif.

 

• faire : trouver une juste distance quitte à faire son deuil de cette amitié. Expliquez-lui, l'importance de l'équité dans l'équipe, et les méfaits du favoritisme. "Il y a des choses que je ne peux pas partager avec toi, pour autant, on va garder de bonnes relations."

 

5. La forte tête: "Inutile, que je vienne à ces réunions !"

 

Il vous dit vaguement bonjour, et joue la mauvaise foi ou le mutisme quand vous lui parlez. A la limite du mépris, il s'échine à vous défier par son attitude : toujours en retard, explosant les délais, se fichant des procédures, séchant les réunions. "Ça ne sert à rien !" Il ne voit pas pourquoi il travaillerait autrement alors que, vous et lui, étiez contents des façons de faire ... avant. Bref, il sabote discrètement votre autorité au risque de faire école.

 

Votre réaction:

 

• bannir : le laisser-faire ou l'affronter.

 

• faire : recadrez-le très vite avec des éléments du nouveau contexte -dont vous- et tentez deux fois une conciliation avant d'envisager des sanctions. Parlez du cas à votre N+1 si rien ne change.

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