Posté(e) le 21 janvier 20188 a En 2011, avec “Contagion”, Steven Soderbergh imaginait une redoutable pandémie. France 2 diffuse cette fiction percutante et visionnaire, dimanche 21 janvier à 20h55. [Attention, ce texte révèle certains éléments de l’intrigue] En 2011, avant sa fausse retraite, le prolifique Steven Soderbergh imaginait une pandémie décimant l’humanité (au moins 26 millions de morts), due à un virus transmis par voies respiratoires ou simple contact avec les malades. Cette année-là, il avait mené à bien deux autres projets, dont le long métrage Piégée. Quoi de mieux que de tourner dans l’urgence un film de contamination ? Le cinéaste fait sienne, ici, l’écriture percutante des séries B parano. La preuve par trois. Ambiance hypocondriaque Gros plans sur des cacahuètes de bar, sur un bouton d’ascenseur, sur la barre d’un métro. Simple et redoutablement efficace, cette grammaire cinématographique permet à Soderbergh de représenter un mal à la fois omniprésent, invisible et absolu – l’effet du virus est foudroyant –, en laissant travailler l’imagination du spectateur. Avec des petites astuces – indiquer à l’écran le nombre d’habitants des zones urbaines –, le cinéaste génère une tension permanente et parvient à transformer notre regard sur des scènes a priori banales, en nous mettant en état d’alerte, et en nous focalisant sur les contacts potentiels entre personnages. Et quand il décrit la société qui se désagrège (émeutes, pillages), il le fait aussi à l’économie, avec juste ce qu’il faut d’images spectaculaires.
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