Posté(e) le 16 janvier 20188 a Au mois de décembre dernier, la plateforme de streaming musical Spotify avait annoncé la sortie prochaine d'un album composé à l'aide d'une intelligence artificielle. C'est Benoit Carré, alias Skygge, qui conduit l'opération et a recruté différents musiciens. Comme indiqué sur le site officiel du projet, ça n'est pas la première fois qu'une telle technologie est employée au service de la musique. À la fin des années 1950, le programme Illiac avait réussi à composer une suite pour quatuor de cordes sous le patronage du compositeur américain Lejaren Hiller Label «fait par un humain»? Pour les chercheurs travaillant au perfectionnement de cette technologie, l'objectif a été atteint: «Nous pensons avoir réussi. Toutes les chansons de cet album ont une dimension particulière qui en fait quelque chose de très singulier.» Sur le titre co-composé par Stromae et la machine, si l'on reconnaît à l'évidence la marque du chanteur et producteur belge, les bases sonores paraissent un peu brouillonnes. Grâce à la voix (qui n'est pas de synthèse) de la chanteuse canadienne Kiesza, l'émotion est bien présente dans le morceau. La vocation de Flow Machines est de multiplier les capacités créatives de l'artiste et non pas de remplacer celui-ci dans le processus d'imagination. Mais la réduction de la part prise par l'homme dans ce processus ne risque-t-elle pas de mettre fin au monopole artistique de l'humain? Pour Charles-Édouard Bouée, directeur du cabinet de conseil Roland Berger, peut-être faudra-t-il, à l'avenir, apposer un label «fait par un humain» sur les produits culturels. Une perspective fascinante mais aussi angoissante.
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