Posté(e) le 12 janvier 20188 a Parmi les dizaines de films et de séries, inédits ou classiques, qui viennent enrichir le catalogue des plateformes de vidéo en ligne par abonnement, retrouvez tous les vendredis notre sélection critique. Un film “Blade of the immortal” Présenté hors compétition au festival de Cannes 2017, Blade of the immortal serait le centième film de Takashi Mike . On est très loin d’avoir vu toute l’œuvre du cyberpunk japonais, mais ce délirant film de samouraïs se positionne au sommet de sa filmographie. Et aussi du genre, le chanbara (ou film de sabre) à qui il emprunte les codes en les pulvérisant dans une surenchère démente. L’intrigue ne révolutionne rien : une jeune fille, qui a vu ses parents se faire violer et/ou découper en morceaux par le chef d’un gang de samouraïs, engage un guerrier solitaire à moitié clodo, avec qui elle va faire équipe pour accomplir sa vengeance. Cet antihéros hirsute et mal poli, recouvert de cicatrices de la tête aux pieds, traîne son spleen depuis qu’une sorcière l’a rendu immortel en lui injectant dans le corps des « vers de sang » qui rebouchent systématiquement ses blessures et le condamnant à se battre éternellement. Et on sait combien l’éternité peut sembler longue, surtout vers la fin. Le film dure, lui, deux heures et vingt minutes, que l’on n’a jamais senties s’éterniser, pour la simple et bonne raison que Miike a construit sa fresque médiévale en un crescendo de violence débridée où chaque scène fait mieux, plus fort, plus beau, plus impressionnant que la précédente. S’y déploie notamment un arsenal d’armes blanches (sabres courts, longs, courbes, doubles, chaînes, haches, hallebardes, arcs, poignards, étoiles…) et son éventail de blessures associées, qui contribue à chasser la monotonie. Bien conscient de pousser le bouchon de la vraisemblance un peu loin, Miike s’amuse de sa propre outrance : les samouraïs se battent avec un membre en moins, parfois deux. On a même vu un tronc continuer à ramper sabre au clair et à invectiver son adversaire – hommage aux Monthy Python ? L’avalanche de gore pourrait lasser si elle n’était équilibrée par une direction artistique ultra soignée : décors, costumes, photo, d’abord en noir et blanc puis en couleur, se hissent bien au-dessus de la norme des productions du prolifique Japonais violent. Avec une réussite aussi éclatante, les adhésions au club Miike risquent d’exploser.
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