Posté(e) le 28 septembre 20178 a OM: Comment ne pas se foirer en reprenant un club... Le Red Bull Salzbourg, un modèle pour McCourt? FOOTBALL Un modèle pour le développement de la formation, oui… Mais un anti-modèle en matière de gestion des supporters… Jean Saint-Marc, avec C.C. Publié le 28/09/17 à 09h05 — Mis à jour le 28/09/17 à 09h05 De fait, leur «grand attaquant», c'est un Israélien qu'ils ont payé 6 millions, mais vous avez l'idée. — Photo : PDN / SIPA (Montage : Service Paint de 20 Minutes) Salzbourg est le premier club de foot racheté par Red Bull, qui maintenant s’illustre avec Leipzig en Bundesliga. En 12 ans, la marque au taureau a réussi à monter un impressionnant système de recrutement et de formation de jeunes talents. Comme un chien dans un jeu de quilles, comme un taureau sur un terrain de foot. C’est peu de le dire, l’arrivée en fanfare de Red Bull dans le foot européen ne fait pas que des heureux. On parle pas mal de Leipzig, propulsé tout en haut de la Bundesligagrâce aux millions de la taurine. C’est oublier que le premier club dans lequel Red Bull a investi, c’est Salzbourg, dès 2005. Salzbourg qui reçoit Marseille, ce jeudi (19 heures), en Ligue Europa. Frank McCourt, le nouveau patron de l’OM, peut-il s’inspirer des nouveaux riches autrichiens ? >> A lire aussi : L'OM s'est refait la cerise grâce à une nouvelle tactique... Ça va durer ou pas? En matière de formation, Red Bull a tout compris Le footeux est une marchandise comme les autres, non ? Red Bull a développé un fonctionnement industriel, maîtrisant toutes les étapes du circuit de « production » : « Ils repèrent et achètent les jeunes talents, les font grandir à Salzbourg ou dans leurs académies, pour enfin les revendre », décrypte Virgile Caillet, délégué général de l' Union Sport et Cycles. Le dernier étage de la fusée étant bien sur le RB Leipzig, avec qui le boss Dietrich Mateschitz veut gagner la Ligue des champions. La stratégie du RB Salzbourg est ressentie comme agressive par plusieurs clubs français. Mais les agents apprécient énormément ce club. — EspoirsduFootball (@EspoirsduFoot) February 10, 2017 « Ils font jouer les jeunes rapidement et évaluent bien la progression », confie à 20 Minutes le Français Mahamadou Dembélé, qui a quitté le PSG pour l’Autriche cet été. On est très encadrés, on joue avec Liefering (une autre filiale) en D2 et on revient avec Salzbourg pour la Youth League », nous a-t-il expliqué, après avoir battu les U19 Bordelais (les jeunes Autrichiens sont tenants du titre). « Nous avions commencé le projet avec des joueurs en fin de carrière… Ce n’était pas le bon choix, alors on a développé la formation, avec des équipes qui ont toute notre philosophie de jeu », précise Mustapha Mesloub, un historique du club, chargé de l’intégration des joueurs. >> Et l’OM alors ? « Commencer le projet avec des joueurs en fin de carrière » : aïe, c’est justement, plutôt, le choix de l’OM pour ces deux premiers mercatos. « L’OM a certes recruté des vieilles gloires, mais on voit qu’Eyraud construit aussi sur la durée, avec un effort sur la formation », reprend l’expert Virgile Caillet. Pour ne plus laisser filer les pépites, de nombreux partenariats ont été noués avec les clubs du coin, et on évoque à Marseille un futur accord avec Consolat, pour aguerrir certains talents en National. Et l’OM de McCourt a fait les efforts financiers pour retenir les Maxime Lopez ou Boubacar Kamara. Car c’est bien sûr le nerf de la guerre. Mustapha Mesloub : « On recrute des jeunes car on a de belles installations et que le cadre est magnifique ». Les salaires le sont aussi, bien au-dessus, en tout cas, des standards. >> A lire aussi : VIDEO. L'OM tient sa première recrue... Le jeune Boubacar Kamara a (enfin) signé « Je pense que McCourt veut augmenter la valeur de l’OM pour faire une plus-value à la revente, estime Virgile Caillet. Pour ça, il faut des actifs immobiliers, mais il faut aussi un portefeuille de joueurs ! » Celui de Red Bull commence à faire des petits : Naby Keita, acheté à Istres 1,5 million d’euros, vient d’être revendu 70 millions à Liverpool (pour 2018). Et sur le terrain, ça fonctionne pas mal : Salzbourg galère en Europe, mais vient de faire quatre fois d’affilée le doublé coupe/championnat. Et pour sa première saison en Bundesliga, Leipzig a terminé deuxième. Non sans haine. Nous y voilà. En Pokal, des supporters du Dynamo Dresden ont lancé une tête de taureau pour protester contre le RB Leipzig. pic.twitter.com/ffd7ZRv9Wh — France Fußball (@francefussball) August 21, 2016 Vis-à-vis des supporters et du grand public, c’est un fail complet Une tête de taureau bazardée sur la pelouse : voilà comment les supporters du Dynamo Dresde ont accueilli le RB Leipzig, en Coupe d’Allemagne. Un bon symbole de la haine suscitée par le nouveau riche, chez les Ultras allemands… mais aussi autrichiens. Y compris parmi les fans historiques. Car quand Red Bull débarque, ça déménage : la marque a changé le nom du club et ses couleurs. « Ça a provoqué la colère de certains supporters, qui ont même tenté de créer un autre club », raconte Pierre Gorce, qui depuis son école de journalisme niçoise tient un compte Twitterdédié au club autrichien (« j’ai de lointains ancêtres là-bas ! »). Salzbourg a donc des suiveurs en France, mais son stade sonne creux : la Red Bull Arena, 30.000 places, est généralement aux deux-tiers, vide. « Je suis assez dubitatif sur leur stratégie dans le foot, lâche Virgile Caillet. Je pense que la marque essaye de s’ouvrir à un public plus familial, plus âgé… Mais ça ne correspond pas autant à leur ADN que les sports extrêmes, où ils investissent depuis plus longtemps. » Dans des proportions dingues, soit dit en passant : jusqu’à 30 % de leur chiffre d’affaires. >> A lire aussi : «Les dirigeants n'ont pas tenu leurs promesses!» Ces Marseillais ne s'abonneront pas cette année >> Et l’OM alors ? L’actionnaire américain n’a pas eu la bêtise de créer un Olympique de McCourt ou de changer les couleurs du club (même si ce troisième maillot violet est très vilain). Au contraire, il surfe à fond sur la glorieuse histoire du club. Une banderole déjà mythique. - A.C. Poujoulat / AFP « Ils ont bien compris que l’OM, c’est dans l’ADN de la ville », analyse Virgile Caillet. Attention toutefois, la lune de miel est terminée, les groupes de supporters ont été pas mal refroidis. Et avec leur mythique banderole « McCourt, get your balls out », ils ont montré qu’ils maîtrisaient suffisamment l’anglais pour coller des coups de pression…
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